
Le développement du e-learning constitue l’une des réformes majeures engagées par le Gouvernement pour transformer l’enseignement supérieur au Bénin. Si cette orientation suscite des interrogations sur les capacités d’accès à l’électricité et à Internet, l’exécutif estime que ces défis ne doivent pas freiner une réforme qu’il présente comme un investissement d’avenir. Invité de l’émission « Face à l’Actualité », le ministre porte-parole du Gouvernement, Wilfried Léandre Houngbédji, a expliqué la vision qui sous-tend cette politique.
Pour de nombreux observateurs, la généralisation de l’enseignement à distance pourrait se heurter aux réalités du terrain, notamment les coupures d’électricité et les insuffisances de la couverture numérique dans certaines localités. Le porte-parole du Gouvernement reconnaît ces contraintes, mais refuse d’y voir un obstacle insurmontable. « Même si nous avions l’électricité partout, il y aurait toujours des interruptions liées aux intempéries ou à d’autres aléas. Cela ne peut pas empêcher le e-learning d’exister », a-t-il déclaré. Selon lui, le Gouvernement fait le choix d’anticiper les besoins futurs de l’enseignement supérieur plutôt que d’attendre que toutes les conditions soient réunies avant d’agir.
Ouvrir les universités béninoises au savoir mondial
Au-delà de la modernisation des méthodes pédagogiques, l’ambition affichée est d’offrir aux étudiants un accès élargi aux connaissances produites dans les plus grandes universités et centres de recherche à travers le monde.
Pour Wilfried Houngbédji, le e-learning permettra aux apprenants béninois de consulter des ressources pédagogiques internationales sans quitter leur cadre de vie. « Nous voulons offrir à nos jeunes le monde à partir de chez eux », a-t-il affirmé, soulignant que les contenus numériques ne se limiteront pas aux productions académiques nationales. Cette approche vise également à réduire les déplacements souvent coûteux vers les grands centres universitaires et à permettre aux étudiants de poursuivre leur formation depuis leur localité lorsque les conditions le permettent.
Conscient des difficultés liées à l’alimentation électrique, le Gouvernement assure avoir intégré cette problématique dans la conception du projet. Les pôles universitaires appelés à accueillir les plateformes numériques seront équipés de solutions énergétiques alternatives afin de garantir la continuité des activités pédagogiques.
Le ministre porte-parole a évoqué le recours à l’énergie solaire, ainsi qu’à des groupes électrogènes, pour prendre le relais en cas d’interruption du réseau conventionnel. L’objectif est d’éviter que les contraintes techniques ne compromettent le fonctionnement des dispositifs de formation à distance.
Une couverture progressive du territoire
Le Gouvernement reconnaît également que tous les étudiants ne bénéficieront pas immédiatement des mêmes conditions d’accès. Toutefois, cette situation est présentée comme comparable à l’organisation actuelle de l’enseignement supérieur, où les universités sont concentrées dans quelques pôles. Dans le cadre du programme de e-learning, plusieurs centres seront progressivement déployés sur le territoire afin de rapprocher les services des populations.
En parallèle, les autorités misent sur l’amélioration continue de la couverture Internet pour permettre aux étudiants d’accéder directement aux ressources pédagogiques depuis leur domicile.
Selon Wilfried Houngbédji, cette réforme ne se limite pas à l’introduction d’un nouvel outil numérique. Elle traduit la volonté du Gouvernement de repenser durablement les conditions d’accès à l’enseignement supérieur, en exploitant les opportunités offertes par les technologies de l’information. Le succès de cette ambition dépendra désormais de la capacité à accompagner le déploiement des infrastructures numériques et énergétiques afin que l’innovation profite effectivement au plus grand nombre.
Romain HESSOU

