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Moukaram Badarou sur la révision constitutionnelle : « Le Bénin entame une nouvelle phase de son développement »

Au lendemain de la révision de la Constitution intervenue dans la nuit du 14 au 15 novembre 2025 à l’Assemblée nationale, les débats restent vifs sur l’avenir institutionnel du Bénin. Création du Sénat, trêve politique, allongement des mandats électifs à sept ans, autant d’innovations qui interrogent l’opinion publique sur leurs impacts réels sur le rythme de développement du pays. Au micro de Radio Sêdohoun, Moukaram Badarou, membre du Bureau politique de l’Union Progressiste le Renouveau et président de la Fondation Conscience Citoyenne, apporte des éclairages.

Un attachement historique à la Constitution de 1990 : Pour l’acteur politique Moukaram Badarou, l’effervescence autour de la révision est avant tout liée à la valeur symbolique de la Constitution du 11 décembre 1990. « Cette Constitution a cimenté la démocratie béninoise depuis la Conférence nationale de février 1990. Elle a permis les alternances politiques et l’équilibre des institutions », rappelle-t-il, soulignant l’attachement profond du peuple béninois à ce texte fondateur. Mais selon lui, cette loi fondamentale ne saurait être figée. « La Constitution n’est ni la Bible ni le Coran. Elle doit s’adapter à l’évolution du pays, aux contextes sous-régional et international », soutient-il, estimant que chaque révision doit apporter « un plus à l’évolution des choses ».

Moukaram Badarou insiste sur le caractère rigoureux du processus de révision. « On ne peut réviser la Constitution que si la majorité écrasante des députés partage la nécessité de cette révision », explique-t-il, évoquant les différentes étapes prévues par la loi fondamentale, depuis la recevabilité jusqu’au vote qualifié. Pour lui, le vote intervenu le 15 novembre 2025 consacre « une avancée institutionnelle majeure ».

Le Sénat et la trêve politique au cœur des innovations

Parmi les principales réformes, la création du Sénat marque l’avènement d’un Parlement officiellement bicaméral. « Le Sénat permettra de renforcer la régulation de la vie politique, la préservation de la stabilité de l’État, de la paix nationale et le respect de la trêve politique », affirme-t-il. Cette nouvelle chambre pourra notamment solliciter une seconde lecture des lois votées, renforçant ainsi le processus législatif. Pour l’invité de Radio Sêdohoun, la trêve politique répond à un besoin de « second souffle démocratique » après plus de 30 ans de renouveau. « Il faut sortir de la politique politicienne pour que la démocratie soit réellement au service du développement », plaide-t-il.

Des mandats de sept ans pour travailler durablement : L’allongement des mandats des élus communaux, députés et du président de la République à sept ans est également défendu comme un levier de stabilité. « Dès qu’on finit les élections générales, on se met sérieusement au travail. On ne distribue pas la pauvreté, on partage la richesse. Et pour créer la richesse, il faut travailler », martèle Moukaram Badarou. Selon lui, la trêve politique n’exclut pas la liberté d’expression mais invite à des critiques « constructives et utiles au développement », loin des oppositions systématiques.

Pas de « nouvelle République »

Face aux inquiétudes sur l’avènement supposé d’une nouvelle République, Moukaram Badarou se veut catégorique. « Il n’est nullement question d’une remise en cause de la limitation des mandats. Le président de la République ne peut faire que deux mandats dans sa vie, et cette disposition n’a pas été touchée », rassure-t-il, dénonçant les discours de peur visant, selon lui, à désinformer l’opinion. Il rappelle que le chef de l’État, Patrice Talon, ayant déjà accompli ses deux mandats, « passera le témoin conformément à la Constitution ».

L’acteurpolitiqueMoukaram Badarou estime que cette révision vise avant tout à créer un climat institutionnel apaisé, propice au développement. « Cette trêve politique est un appel à tout le peuple béninois, au pays comme dans la diaspora, à faire du travail et du développement la priorité nationale », conclut-il.

Romain HESSOU

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