À quelques semaines de l’expiration du mandat du Comité exécutif de la Fédération béninoise de football (FBF), présidé par Mathurin de Chacus, prévue en août prochain, un dossier sensible refait surface au sein de l’instance dirigeante du football béninois : celui des indemnités réclamées par les membres des commissions juridictionnelles. Selon les documents consultés, les membres de la Commission d’éthique, élus pour la première mandature de cette commission lors de l’Assemblée générale extraordinaire de 2020 puis reconduits en août 2024 pour un second mandat de quatre ans (2024-2028), soutiennent n’avoir perçu aucune indemnité depuis leur entrée en fonction.

En effet, après que toutes les tentatives internes de règlement des indemnités dues aux commissions juridictionnelles de la FBF depuis 2024 ont échoué, les membres de la Commission d’éthique, à travers une sommation de payer signifiée par huissier, réclament le versement des indemnités qu’ils considèrent comme dues depuis leur installation au sein de cette juridiction interne de la Fédération, lors de la mandature 2020-2024. Réélus en 2024 pour un second mandat courant jusqu’en 2028, les membres de la Commission d’Éthique de la FBF estiment que ces droits demeurent acquis malgré l’absence de paiement.
Selon les requérants, le différend trouverait son origine dans certaines décisions rendues par la Commission d’Éthique, notamment dans le dossier concernant la Jeunesse Sportive de Ouidah (JSO). Ils soutiennent que les tensions nées autour de cette affaire auraient conduit le Comité exécutif à tenter, lors d’une Assemblée générale extraordinaire tenue le 20 août 2025, de révoquer tous les membres des commissions juridictionnelles alors que ceux-ci n’ont commis aucune faute. Une initiative qui n’aurait finalement pas abouti, faute de réunir la majorité qualifiée prévue par les statuts de la Fédération.
Les membres de la Commission d’Éthique affirment par ailleurs que le versement d’indemnités mensuelles aux responsables des organes juridictionnels constitue une pratique ancienne au sein de la Fédération. Ils citent notamment l’exemple de la Commission électorale de la mandature 2018-2022, dont les membres auraient bénéficié d’indemnités mensuelles. En prenant cette référence comme base de calcul, ils estiment que les montants impayés couvriraient une période de 69 mois.
Le président de la FBF, Mathurin de Chacus, a affirmé, lors de l’Assemblée générale extraordinaire du 20 août 2025, convoquée pour révoquer les membres des commissions juridictionnelles, qu’il avait régulièrement payé les indemnités et qu’il ne devait rien à aucune commission. D’où, selon lui, le caractère curieux de voir la Commission d’éthique réclamer, dans un acte d’huissier en date du 8 juin 2026, le paiement des indemnités qu’elle estime lui être dues depuis sa première mandature.
Au-delà de l’aspect financier, les intéressés dénoncent également ce qu’ils qualifient de mesures de rétorsion. Ils affirment que certains dossiers relevant normalement des compétences de la Commission d’Éthique, notamment des recours liés à des soupçons de manipulation de compétitions ou à des contestations électorales au sein de clubs, ne leur auraient plus été transmis depuis juillet 2024.
De son côté, la Fédération béninoise de football à travers son conseil défend une position différente sur le dossier. Elle conteste notamment le caractère mensuel des indemnités réclamées et estime que leur paiement doit être lié à la participation effective des membres aux activités et aux sessions de la Commission d’Éthique.
À défaut d’un règlement amiable, ce litige pourrait connaître de nouveaux développements judiciaires dans les prochaines semaines.
HESSOU Romain

