Invité de l’émission de Bénin TV diffusée le 16 juillet 2026, le maire de la ville de Cotonou, Luc Gnacadja, a présenté les grandes orientations de son programme de gouvernance pour la période 2026-2033. Durant plus d’une heure d’échanges, l’ancien ministre a exposé sa vision d’une ville fondée sur la performance administrative, la participation citoyenne, la transformation numérique et un développement urbain durable. Une ambition qu’il résume comme un véritable « pacte de transformation » destiné à adapter Cotonou aux défis démographiques, économiques et environnementaux des prochaines décennies.

Au cœur de cette stratégie figure une réforme profonde de l’administration municipale. Luc Gnacadja souhaite rompre avec une gestion centrée sur les procédures pour instaurer une culture du résultat. Selon lui, chaque direction devra désormais fonctionner avec des objectifs précis, évaluables et mesurables. Cette évolution devra s’accompagner d’une simplification des procédures administratives et d’une plus grande efficacité dans l’exécution des investissements communaux.
Le maire a également insisté sur la nécessité de renforcer les capacités financières de la commune. Il s’est félicité de la mise en place du Fonds d’investissement des communes (FIC), appelé à remplacer le FADEC, estimant que ce nouvel instrument offrira davantage de souplesse aux collectivités pour financer leurs projets structurants. Il entend également accroître les ressources propres de la ville afin de renforcer sa crédibilité auprès des partenaires techniques et financiers et des investisseurs.
La gestion du foncier constitue un autre chantier prioritaire. Luc Gnacadja a annoncé une vaste opération d’identification, de cartographie et de sécurisation des réserves administratives encore récupérables. Il prévoit également la numérisation complète des données foncières de la municipalité afin de moderniser leur gestion et de limiter les occupations irrégulières de l’espace public. Pour le maire, la protection des réserves foncières est indispensable à un développement urbain maîtrisé.
Face aux occupations anarchiques de l’espace public, le maire affiche une ligne de fermeté. Il affirme vouloir faire respecter les règles d’urbanisme, notamment lorsque ces occupations compromettent la circulation des eaux ou aggravent les risques d’inondation. Cette politique, précise-t-il, répond également aux attentes exprimées par de nombreux habitants lors des consultations citoyennes organisées par la municipalité.
La participation citoyenne occupe d’ailleurs une place centrale dans la nouvelle gouvernance municipale. Luc Gnacadja souhaite généraliser les outils numériques permettant aux habitants de signaler les dysfonctionnements observés dans leur quartier. Grâce à une application de géolocalisation, les citoyens pourront transmettre directement les anomalies constatées et suivre le traitement de leurs signalements, renforçant ainsi l’obligation de résultats de l’administration communale.
L’élu ambitionne également de faire évoluer le modèle urbain de Cotonou. Constatant les limites de l’expansion spatiale de la ville, il défend une politique de densification reposant sur une meilleure mobilité, une offre accrue de services de proximité et une utilisation plus rationnelle du foncier. Cette approche devrait permettre d’améliorer la qualité de vie tout en optimisant les investissements publics.
Au-delà des infrastructures, Luc Gnacadja place le développement du capital humain parmi ses priorités. Il souhaite moderniser les établissements scolaires, développer les médiathèques numériques, faciliter l’accès aux outils de l’intelligence artificielle et renforcer la digitalisation des marchés. À ses yeux, ces investissements sont indispensables pour préparer les jeunes aux mutations économiques et technologiques à venir.
Le maire entend également faire de la culture un véritable moteur de développement. Il envisage la création d’événements fédérateurs valorisant l’identité des quartiers de Cotonou et souhaite s’appuyer sur les infrastructures culturelles en cours de réalisation pour positionner la ville comme une référence africaine des industries culturelles et créatives. Selon lui, la culture représente un important gisement d’emplois et de valeur ajoutée pour l’économie locale.
Luc Gnacadja a pour finir, réaffirmé sa volonté d’instaurer une gouvernance fondée sur la responsabilité partagée entre la municipalité, les citoyens, le secteur privé et les partenaires institutionnels. Convaincu que le développement d’une ville repose autant sur l’engagement des habitants que sur l’action publique, il appelle chaque acteur à contribuer à la construction d’une capitale plus performante, plus attractive et résolument tournée vers l’avenir.
Romain HESSOU

