
La réflexion sur les villes béninoises de demain était au cœur de la Journée de l’Étudiant Béninois de l’EAMAU (JEB-EAMAU). Organisée autour du thème « Architecture, eau et déchets : concevoir les villes béninoises face aux défis contemporains », cette initiative a réuni étudiants, professionnels, experts, établissements de formation et acteurs du secteur autour des enjeux liés à l’évolution du cadre de vie.
Accueillie à la Maison des Bâtisseurs, siège de l’Ordre National des Architectes et des Urbanistes du Bénin (ONAUB), la rencontre a permis à la présidente de l’Ordre, Françoise Amoussou, de mettre l’accent sur le rôle de la relève dans la transformation des espaces urbains.
Pour Françoise Amoussou, la jeunesse constitue une composante essentielle de la relève scientifique, technique et créative du pays. Les étudiants des métiers de l’architecture, de l’urbanisme, du génie civil, de l’hydraulique, de l’assainissement ou encore de la géomatique seront demain directement impliqués dans la conception et la transformation des espaces urbains. La JEB-EAMAU apparaît ainsi comme une opportunité de rapprocher ces futurs professionnels des réalités auxquelles ils devront répondre dans leur carrière.
Les problématiques liées à l’eau, aux inondations, à l’assainissement et aux déchets occupent notamment une place importante dans cette réflexion. Elles ne peuvent plus être abordées uniquement sous l’angle technique, mais doivent être intégrées à la manière de concevoir, d’aménager et de gérer les villes.
L’eau peut ainsi être envisagée non seulement comme une contrainte à maîtriser, mais également comme une ressource et un élément pouvant contribuer à l’identité paysagère et urbaine. De même, la question des déchets appelle une réflexion qui dépasse leur simple collecte et élimination, avec une place accrue accordée à leur valorisation et à l’économie circulaire.
La présidente de l’ONAUB invite ainsi la nouvelle génération à faire preuve de créativité et d’audace, tout en tenant compte des réalités climatiques, environnementales, sociales et territoriales propres au Bénin. Pour elle, l’enjeu est surtout d’éviter la reproduction automatique de modèles conçus pour d’autres contextes.
La formation confrontée aux réalités du terrain
Cette approche place les établissements de formation et les futurs professionnels face à une responsabilité importante : produire des connaissances et des solutions qui puissent véritablement contribuer à améliorer le cadre de vie des populations. Au-delà des problématiques urbaines, la présidente de l’ONAUB insiste également sur la nécessité de renforcer le lien entre recherche académique et pratique professionnelle. Pour Françoise Amoussou, la formation des futurs professionnels ne peut être dissociée des réalités du terrain. Les connaissances acquises dans les établissements doivent pouvoir être confrontées à des situations concrètes, tandis que les expériences des professionnels doivent contribuer à enrichir la formation des étudiants.
La question de la relève a également été abordée par Narcisse Justin Soglo, ancien président du Conseil national de l’Ordre des architectes et des urbanistes du Bénin et parrain de la JEB-EAMAU. Sa participation s’inscrit dans une logique de transmission de l’expérience aux jeunes appelés à prendre progressivement le relais dans les différents métiers du cadre de vie.
À travers cette rencontre, la JEB-EAMAU apparaît ainsi comme un espace de dialogue entre générations, mais aussi comme un cadre de réflexion sur l’avenir des villes béninoises. Pour Françoise Amoussou, la relève devra conjuguer compétences, créativité et connaissance du territoire pour contribuer à la construction de villes plus durables et davantage adaptées aux réalités du Bénin.
Augustin HESSOU

