Au Bénin toute personne refusant désormais un billet ou une pièce de monnaie abîmée (ou une pièce lisse) pourrait être sanctionnée d’une amende allant jusqu’à 500 000 FCFA. Cette décision tient d’une loi récente adoptée à l’Assemblée Nationale le 22 mai 2026 à Porto Novo. De nombreux citoyens béninois, toutes catégories professionnelles saluent l’acte posé par les députés, qui à les croire, vient mettre fin à une pratique malheureuse qui a longtemps impacté négativement la vie quotidienne dans le pays. Lisez plutôt.

Dossa Clotaire, agent Loto
« Personne n’est au-dessus de la loi…»
« Je suis vraiment content. C’est une très bonne idée de voter cette loi. Refuser de l’argent ou bien des pièces ou des billets, froissés, ce n’est pas du tout bon. C’est toujours au Bénin que les gens rejettent de l’argent. Nous sommes dans un pays et personne n’est au-dessus de la loi. Une loi votée, la population ne peut que la respecter. Moi, je ne vois aucun inconvénient par rapport à ça. Je pense que peu à peu, tout le monde va la respecter. »

BOKOVO Apollinaire, citoyen béninois
« L’argent froissé demeure toujours l’argent »
« L’argent qui est froissé ne perd pas sa valeur. Maintenant si c’est vraiment gâté, quand ça va à la banque, ça ne ressort plus. Donc, moi j’ai apprécié cett loi. Si jamais quelqu’un refuse l’argent en disant que c’est froissé, on lui applique la loi. Dans mes courses d’achats, si quelqu’un refuse un billet qui est légèrement froissé, je le quitte parce que je ne veux pas lui compliquer la situation. Comme solution, je conseille à tout le monde de respecter la loi parce que nul n’est au-dessus de la loi. Voilà. Et si quelqu’un veut piétiner cette loi, il faut taper très fort. Merci ».

ZINHO Simon, Conducteur de taxi moto
« Si on peut appliquer la loi, on finira avec ce problème.»
« Selon moi, la loi qu’on a votée tout dernièrement à l’Assemblée Nationale vise à régler pas mal de choses. Quand vous allez au marché, vous achetez, les bonnes dames refusent les pièces lisses. Quand on donne la monnaie aussi, ils refusent et ça fait mal. Parfois, c’est les dernières pièces qui sont avec nous et ils refusent. Ça fait que certaines personnes mêmes commencent à faire bagarre avec leurs propres clients, ce qui n’est pas normal. Donc je pense que c’est une bonne chose qu’ils ont fait. Par contre, la fois derrière, moi, j’étais à la station, j’ai remis deux billets de 500. Le pompier m’a dit que non, qu’il ne va pas prendre, que ce n’est pas bon en refusant l’argent. La banque prend les billets, déchirés, les billets froissés pour pouvoir remettre à la BCEAO. C’est la BCEAO qui garde les billets gâtés. Ils ne parlent pas de refuser. Donc, je vois que c’est une très bonne chose qu’ils ont fait pour régler une situation totale ».

DJODO Merveille, étudiante
« Billet déchirés : désormais plus de soucis à les utiliser ».
« Je pense que la loi contre l’interdiction des monnaies et billets altérés, adoptée par les députés au Bénin présente des avantages et des inconvénients. Positivement, elle facilite la circulation des monnaies dans les marchés et les banques et permet à ceux qui en possèdent de les utiliser plus facilement sans perdre de temps. Elle permet aussi au client d’échanger ces pièces à la banque. Négativement, cette loi peut créer des difficultés pour ceux qui font du petit commerce et qui doivent souvent aller à la banque pour changer leurs billets. Il y a également le problème des citoyens qui vont profiter de cette situation pour remettre des pièces complément abîmées ou des billets brûlés ».

HOUINSA Solang, Étudiante
« Les vendeurs ne joueront plus aux banquiers ».
« D’abord je soutiens le vote de cette loi parce qu’un billet déchiré reste un billet et ce n’est pas aux vendeurs de décider de sa valeur. Si les billets sont refusés, les pauvres auront des difficultés. Parfois un billet est légèrement déchiré parce qu’il est vieux, mais personne ne veut le prendre. Si chaque vendeur refuse ces billets, les problèmes vont continuer. Grâce à cette loi, il n’y aura plus de soucis pour utiliser l’argent qu’on a quel que soit son niveau d’usure ».

COOVI Caleb, Entrepreneur.
« Je valide cette loi parce qu’elle renforce la confiance… »
« Je salue l’initiative des députés qui ont adopté cette loi. Selon moi, aucun citoyen n’a le droit de refuser un billet ou une pièce produite par la BCEAO tant qu’ils restent identifiables. Je valide cette loi parce qu’elle renforce la confiance dans la monnaie, facilite les échanges et protège le citoyen. Je ne peux pas avoir de l’argent sur moi et voir mon billet ou ma pièce refuserparce qu’il est froissé ou usé. Pour moi, refuser une pièce ou un billet remet en cause la crédibilité du FCFA. Dans les gares et les marchés, ces refus créent souvent des blocages et des tensions, mais cette loi permettra de réduire ces conflits. Il faut maintenant sensibiliser toute la population afin que chaque individu vivant au Bénin soit informé sur cette loi ».

ASSOGBA Any Cariny, commerçante
«Cette décision est pour notre bien»
« Selon moi, cette décision est pour notre bien. Souvent, tu reçois des pièces ou des billets que tout le monde refuse et tu ne peux pas les utiliser. Il arrive même que tu n’aies que cet argent et que tu restes sans rien. Grâce à cette décision du gouvernement, il n’y aura plus de stress pour utiliser ces pièces et billets.
Je remercie ceux qui ont pris cette décision pour nous. Parfois, tu donnes de l’argent à ton enfant pour l’école, mais il rentre affamé parce que son argent a été refusé. Maintenant, tout cela est fini. Moi, j’ai beaucoup de ces pièces et billets et je crois que c’est le moment de les utiliser ».

SAHO Saobane, Etudiant
« Cette loi peut limiter les abus »
« Je trouve que c’est une bonne chose. Franchement, beaucoup de gens ont déjà vécu le rejet des pièces lisses, c’est une bonne chose. Franchement, beaucoup de gens ont déjà vécucette situation, tu veux payer au marché ou prendre un taxi, on refuse ton billet de 500 ou 1000 parce qu’il est un peu déchiré. Tu perds du temps à chercher quelqu’un qui l’accepte. Ça crée du stress pour rien. Souvent, ce sont les vendeuses, conducteurs, clients au quotidien qui se retrouvent coincés avec des billets refusés. Cette loi peut limiter les abus ».

HOUNKONNOU Carine, vendeuse
« Les échanges seront plus aisés, et le commerce davantage fructueux »
« Autrefois, les échanges de monnaies entre vendeurs et clients étaient compliqués. Apres l’achat des friperies, un problème se pose généralement : les acheteurs refusent le reliquat et repartent sous prétexte que le billet est trop usé ou la pièce est lisse. Cette situation entraine parfois le découragement, la mévente et la réduction de nos clients, minimisant ainsi nos profits. Avec l’instauration de la loi interdisant tout refus de pièces lisses et billets, je crois que les échanges de flux monétaires seront plus aisés, fluides et le commerce sera davantage fructueux. »

HOTOUGOU Patrick, étudiant
« Désormais, plus besoin de s’inquiéter… »
« La loi interdisant tout refus de pièces lisses et billets usés intervient dans un contexte très pratique. Cette mesure qui vient d’être prise encadre justement le monde commercial et facilite les échanges Cela apparait comme une solution aux différends opposant clients et commerçants en matière de pièces lisses et de billets usés. Une pièce et un billet du fait qu’ils soient respectivement lisses et froissés sont rejetés. Et si malheureusement le client n’a que ce billet ou cette pièce, alors le conflit devient de taille. Cette mesure permet d’intensifier, de rendre plus efficaces, fluides et faciles les échanges. Désormais, plus besoin de s’inquiéter. Quand il y a le billet ou l’argent, c’est assez suffisant ».

Marie-Colombe HOUETO,secrétaire de direction
« Cette loi règle un problème de justice sociale »
« Cette loi permet le bon fonctionnement des échanges économiques au Bénin. Pendant de nombreuses années, le refus des pièces lisses et de certains billets déchirés est resté une pratique courante dans les marchés, les boutiques, les transports et même dans certains services. Cette situation a créé de nombreuses frustrations pour les populations qui se retrouvaient souvent avec de l’argent accepté à un endroit, mais refusé ailleurs. Au-delà de la gêne occasionnée, cette pratique était profondément injuste. Lorsqu’un citoyen reçoit une pièce ou un billet dans le cadre d’une transaction normale, il ne devrait pas avoir à supporter seul les conséquences de son état physique, surtout lorsque cette monnaie conserve sa valeur légale. En refusant ces pièces monétaires, on transfère le problème d’une personne à une autre jusqu’à ce qu’un individu se retrouve avec une monnaie qu’il ne peut plus utiliser. Cette réalité touche particulièrement les personnes aux revenus modestes. Cette loi a donc le mérite de réaffirmer un principe simple mais essentiel, une monnaie reconnue comme valide doit pouvoir être utilisée par tous. Elle contribue à renforcer la confiance dans notre système monétaire et à garantir une plus grande équité dans les transactions quotidiennes. Elle permettra également de réduire les conflits fréquents entre vendeurs et clients, conflits qui naissent souvent de désaccords sur l’état des pièces et des billets. Cependant, le succès de cette réforme dépendra largement de sa mise en œuvre. Il est indispensable que les autorités mènent de vastes campagnes de sensibilisation afin que chacun comprenne quels billets et quelles pièces doivent être acceptés et dans quelles conditions. Les citoyens doivent également avoir accès à des mécanismes simples pour échanger les billets fortement détériorés lorsqu’ils ne sont plus aptes à circuler. En définitive, cette loi n’est pas seulement une mesure monétaire ; c’est aussi une mesure de justice sociale. Elle protège les citoyens contre des pratiques qui compliquent inutilement leur quotidien et rappelle que la monnaie doit être un outil qui facilite les échanges, et non une source supplémentaire de difficultés. Pour toutes ces raisons, cette réforme mérite d’être soutenue et appliquée avec rigueur, dans l’intérêt de tous les Béninois ».
Réalisation : Edouard ALLONANHIN, Amarine EGBO, Nina AVODAGBE ,Roukiath BOGNON, Pacôme MONLANDJO, Gires AKONADJI (Stagiaires)

