- (Pari gagné pour la présidente Anick Santos et son équipe)
La 3ᵉ édition des Trophées Cudjo Lewis s’est tenue le samedi 13 décembre 2025 à l’Institut Jean-Paul II de Cotonou, à l’initiative du Bureau de Développement Afrik’Alabama, pour récompenser de jeunes talents engagés dans la valorisation de l’histoire africaine et de la mémoire de Cudjo Lewis.

La mémoire de l’esclavage et la transmission de l’histoire africaine ont une nouvelle fois mobilisé la jeunesse béninoise autour des Trophées Cudjo Lewis.
Organisée le samedi 13 décembre 2025 à l’Institut Jean-Paul II de Cotonou, la 3ᵉ édition des Trophées Cudjo Lewis a réuni douze candidates et candidats finalistes autour de trois catégories : déclamation poétique, œuvre d’arts et chant panégyrique. L’événement est porté par le Bureau de Développement Afrik’Alabama (BUDAL-GIE). Les Trophées Cudjo Lewis mettent à l’honneur Cudjo Oluale Kossola Lewis, fils de Bantè dans le département des Collines, présenté comme le dernier survivant du dernier navire négrier à entrer aux États-Unis, le « Clotilde ». À travers cette initiative, le BUDAL-GIE entend encourager la jeunesse à s’approprier l’histoire de la traite négrière et à perpétuer la mémoire de cette figure historique décédée le 26 juillet 1935 à l’âge estimé de 94 ans.
La cérémonie a été marquée par la présence de personnalités, dont Cassandra Lewis, descendante directe de Cudjo Lewis, venue des États-Unis, ainsi que des représentants de FIFA Ste Luce, de SOS Villages d’Enfants et d’autres partenaires. Tous ont salué l’importance de promouvoir l’histoire et de maintenir vivante la mémoire de Cudjo Lewis, reconnu comme un passeur de mémoire ayant raconté l’histoire du navire Clotilde et transmis la culture du Dahomey.
Dans son mot de bienvenue, le premier lauréat de l’édition 2024, Gapo Barthélémy, a salué « la détermination, l’engagement et la bravoure du Bureau de Développement Afrik’Alabama », tout en rendant hommage à la présidente du BUDAL-GIE, Anick Santos. Il a rappelé que les Trophées Cudjo Lewis constituent « au-delà d’une compétition, une mission, celle de raviver l’histoire, de transmettre nos racines et d’incarner avec dignité le retour à nos origines ».
De son côté, le représentant du ministre des Affaires étrangères, a souligné que les trophées « ne sont pas une simple célébration », mais « un acte de mémoire, un geste de justice historique et un instrument de diplomatie ». Il a insisté sur la portée mémorielle et diplomatique de l’initiative, rappelant le lien historique entre Bantè et Africatown en Alabama. Il n’a pas manqué de saluer une telle démarche inscrite dans la reconnaissance de la mémoire comme pilier de la coopération internationale. « Je forme le vœu que les trophées Cudjo LEWIS puisse continuer de grandir, de rayonner et d’inspirer afin que la mémoire devienne une force et que l’histoire partagée se transforme en avenir commun », a laissé entendre l’envoyé spécial du ministre des Affaires étrangères, Olushegun Adjadi Bakari.
Prenant la parole, la présidente du BUDAL-GIE, Anick Santos, a rappelé le caractère impérieux de la célébration annuelle de Cudjo Lewis afin de perpétuer l’histoire de la traite négrière. Elle a mis l’accent sur l’implication de la jeunesse, présentée comme « le porte-flambeau » de ce devoir de mémoire. La descendante de Cudjo Lewis, Cassandra Lewis, a pour sa part retracé l’histoire transmise par son père et expliqué la symbolique du mémorial matérialisé par un drapeau, qu’elle a présenté couleur par couleur.
À l’issue des prestations, le jury composé de cinq experts en culture, présidé par le professeur Léon Bani Bio Bigou, a procédé à la proclamation des résultats. 11 candidats sur 12 ont obtenu la moyenne. Les trois premiers lauréats ont reçu respectivement des trophées en or, argent et bronze, tandis que les douze finalistes ont été décorés de médailles d’ambassadeurs. Le premier prix de cette 3ᵉ édition est revenu à Sohou Sègla Jeannot.
Distinctions surprises en fin de cérémonie

La cérémonie a également été marquée par des distinctions surprises décernées en signe de reconnaissance et d’hommage. La présidente du BUDAL-GIE, Anick Santos, a offert un tableau personnalisé, comportant une photographie accompagnée d’un texte, au président du jury, le professeur Léon Bani BIO BIGOU, pour saluer son engagement et sa contribution à la réussite de cette 3ᵉ édition. À son tour, le comité d’organisation des Trophées Cudjo Lewis a surpris la présidente du BUDAL-GIE en lui remettant un tableau personnalisé avec sa photo, en hommage à sa bravoure, à son dévouement et à son engagement constant en faveur de la promotion de la mémoire historique et de la jeunesse.
Au-delà des distinctions et des hommages, la 3ᵉ édition des Trophées Cudjo Lewis a confirmé son ambition de faire de la mémoire de l’esclavage un levier de transmission, de conscience historique et d’engagement citoyen pour la jeunesse béninoise. Le rendez-vous est donné pour décembre 2026 pour la prochaine édition.
Augustin HESSOU

