Invité sur BLTV, Iréné Agossa, Porte-parole de l’Union progressiste le Renouveau (UP Le Renouveau), a défendu une approche du développement territorial fondée sur la valorisation des ressources agricoles locales. Il estime que les coques de noix de palme, par exemple, pourraient contribuer à la production d’énergie, à l’industrialisation et à la dynamisation des petites et moyennes entreprises dans le pôle de développement Sud-Ouest.

Comment transformer les richesses agricoles locales en leviers d’industrialisation et d’autonomie énergétique ? C’est l’une des questions abordées par Iréné Agossa, porte-parole de l’UP Le Renouveau, lors de son passage sur BLTV. À travers l’exemple du pôle territorial Sud-Ouest, il a mis en avant le potentiel des résidus de la production d’huile de palme, notamment les coques de noix de palme, dans la production d’énergie destinée à soutenir le développement industriel.
Dans le cas du pôle Sud-Ouest, Iréné Agossa met particulièrement l’accent sur la valorisation des sous-produits de la filière palmier à huile. Il cite notamment les coques de noix de palme, qu’il présente comme une ressource susceptible d’alimenter des installations de production énergétique.
Son idée consiste à utiliser cette biomasse pour produire de la chaleur, générer de la vapeur et faire fonctionner des turbines capables de fournir de l’électricité ou de l’énergie aux unités industrielles locales.
« De la coque de noix de palme aux micro-turbines à vapeur, nos territoires créent leur propre énergie pour faire tourner l’industrie locale et dynamiser nos PME », a-t-il déclaré.
Selon le porte-parole de l’UP Le Renouveau, cette approche permettrait de transformer un résidu de la production d’huile de palme en une ressource économique supplémentaire. Au lieu de considérer les coques comme un simple sous-produit agricole, il s’agirait de les intégrer dans une chaîne de valorisation énergétique au service des activités industrielles.
Iréné Agossa affirme que des technologies permettant de produire de la vapeur à partir de combustibles alternatifs existent déjà à l’étranger, notamment en Chine, en Inde et en Europe. Il plaide ainsi pour l’adaptation de ces solutions aux ressources disponibles au Bénin.
Une telle orientation pourrait contribuer à rapprocher les lieux de production agricole des infrastructures de transformation, tout en favorisant l’émergence d’activités économiques nouvelles dans les territoires concernés.
Impliquer les producteurs plutôt que les marginaliser
La question de la propriété des palmeraies et des éventuelles résistances des producteurs a également été abordée au cours de l’entretien. L’interrogation porte notamment sur les conditions dans lesquelles les détenteurs de plantations pourraient participer à un projet de développement bénéficiant à l’ensemble du territoire.
Sur ce point, Iréné Agossa estime que la valorisation énergétique des coques de noix de palme ne nécessite pas nécessairement de remettre en cause la propriété des plantations. L’enjeu serait plutôt d’intégrer les producteurs à la chaîne de valeur, en faisant de leurs résidus agricoles une source de revenus et un apport au développement industriel local.
« Nous allons plutôt les impliquer dans le développement », a-t-il assuré.
Cette approche entend faire des acteurs de la filière palmier à huile des partenaires du processus d’industrialisation. La collecte et la valorisation des coques pourraient ainsi ouvrir de nouvelles perspectives économiques, à condition que les modalités de participation des producteurs et les mécanismes de rémunération soient clairement définis.
L’objectif affiché est de faire en sorte que les retombées de la transformation des ressources locales profitent directement aux populations qui contribuent à leur production.
Des mécanismes de suivi pour anticiper les difficultés
Au-delà de la question énergétique, le porte-parole de l’UP Le Renouveau a insisté sur l’importance de l’organisation et du suivi dans la mise en œuvre des politiques de développement territorial.
Selon lui, la volonté politique doit s’accompagner d’indicateurs permettant d’évaluer les progrès réalisés, de repérer rapidement les dysfonctionnements et d’apporter les corrections nécessaires.
Il préconise ainsi la définition d’indicateurs à différents niveaux, depuis les instances de pilotage jusqu’aux communautés à la base. Cette démarche devrait permettre aux populations de s’approprier les projets et de participer activement à leur mise en œuvre.
Pour Iréné Agossa, les critiques et les difficultés ne doivent pas être considérées comme des obstacles insurmontables, mais comme des éléments à prendre en compte dans un dispositif de suivi et de correction continue.
Il défend, à cet égard, une approche dans laquelle les décisions correctives peuvent être prises rapidement lorsque les résultats observés s’écartent des objectifs fixés.
Vers des territoires plus attractifs et industrialisés
À travers cette vision, l’UP Le Renouveau entend promouvoir un modèle de développement dans lequel les ressources agricoles servent de point de départ à une transformation économique plus large. La production énergétique, l’industrialisation, la transformation des matières premières et le développement des petites et moyennes entreprises constituent les principaux leviers évoqués.
À terme, cette stratégie ambitionne de renforcer les capacités productives des territoires, de stimuler les activités économiques locales et de favoriser l’émergence de villes et de villages plus attractifs, notamment sur le plan touristique.
Toutefois, la concrétisation de cette ambition dépendra de plusieurs facteurs : la faisabilité technique et économique des installations envisagées, la disponibilité régulière de la biomasse, le financement des infrastructures, l’organisation de la collecte des résidus et l’adhésion effective des producteurs.
La prise en compte des exigences environnementales et des réalités sociales sera également déterminante pour assurer la durabilité du dispositif.
En mettant en avant les coques de noix de palme comme une ressource énergétique potentielle, Iréné Agossa défend ainsi une vision du développement territorial fondée sur la valorisation des richesses locales. Reste à traduire cette ambition en projets opérationnels capables de démontrer leur viabilité et de produire des bénéfices concrets pour les populations du pôle Sud-Ouest.
Christian TCHANOU