Le ministre de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Pêche, Gaston Dossouhoui, a dévoilé ce jeudi devant la commission budgétaire de l’Assemblée nationale les grandes orientations du budget 2026 de son département. Arrêté à 147,457 milliards de francs CFA, ce projet maintient sensiblement le même niveau de ressources que l’exercice précédent.

Face aux parlementaires, le ministre de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Pêche, Gaston Dossouhoui, a placé sa présentation sous le signe de la continuité et de la consolidation. « Ce budget s’inscrit dans un contexte où l’agriculture béninoise s’est révélée comme l’une des plus performantes du continent africain », a-t-il rappelé, citant les conclusions de la 5ème revue biennale des engagements de Malabo qui classe le Bénin au premier rang en Afrique de l’Ouest et cinquième à l’échelle continentale sur la décennie 2016-2024. Cette distinction intervient alors que le pays a dû naviguer à travers de multiples crises : le conflit russo-ukrainien, l’insécurité sahélienne, la fermeture des frontières avec le Niger, la dépréciation du Naira nigérian et les dérèglements climatiques. Des chocs externes qui n’ont pas empêché le secteur agricole de maintenir son dynamisme sous l’impulsion des réformes engagées.
Pour 2026, les investissements représenteront 60% de l’enveloppe globale avec 88,2 milliards de francs CFA. Le financement sera assuré à 65% par les ressources nationales, les 35% restants provenant de l’aide extérieure.
Souveraineté alimentaire
Le programme agricole concentre l’essentiel des ambitions. Les actions prioritaires touchent au soutien à la production avec la distribution subventionnée de semences à haut rendement, la mise à disposition d’engrais conventionnels et biologiques, le déploiement du conseil agricole de proximité, et l’accès facilité aux équipements de mécanisation.
Le ministre a également annoncé la poursuite des aménagements hydro-agricoles de périmètres rizicoles et maraîchers, le développement d’infrastructures de commercialisation, et le renforcement du Fonds National de Développement Agricole (FNDA) pour faciliter l’accès au crédit.
Ces mesures cibleront les filières stratégiques : riz, maïs, anacarde, maraîchage, ananas, soja, coton, palmier à huile et arboriculture fruitière. L’objectif affiché reste la garantie de la souveraineté alimentaire tout en créant richesses et emplois, particulièrement pour les jeunes et les femmes.
Importations de viande
Le sous-secteur de l’élevage bénéficiera d’une attention particulière avec le développement d’un nouveau modèle plus rentable. Au programme : production fourragère intensive, distribution de compléments alimentaires, mise à disposition de semences animales et de géniteurs à haute performance bouchère.
Cette stratégie vise à accélérer la sédentarisation des troupeaux de ruminants, à moderniser les infrastructures de valorisation des produits et à renforcer la santé animale, dans le but de réduire significativement les importations de viande.
Le programme pêche et aquaculture n’est pas en reste. Gaston Dossouhoui a annoncé la création de villages aquacoles, la distribution d’alevins et d’aliments pour poissons, ainsi que la gestion durable des écosystèmes aquatiques à travers le développement de réserves biologiques et le respect des périodes de repos biologique.
Parmi les infrastructures majeures prévues figurent la construction d’un port de pêche de haut standing, de marchés à poisson, ainsi que d’embarcadères et de débarcadères pour faciliter l’accès aux zones de production.
Avec ce budget stable mais stratégiquement orienté, le MAEP entend poursuivre la dynamique qui a propulsé l’agriculture béninoise au sommet du continent, tout en relevant les défis de la sécurité alimentaire et de la création d’emplois.
Fidèle KENOU

