
Trois ans après la fermeture de la frontière entre le Bénin et le Niger, le dossier demeure dans l’impasse malgré les initiatives diplomatiques engagées de part et d’autre. Interrogé le mercredi 5 août 2026 lors d’un échange avec les médias, le ministre porte-parole du Gouvernement béninois, Wilfried Léandre Houngbédji, a réaffirmé la disponibilité de Cotonou à normaliser les relations avec Niamey, tout en estimant que les démarches entreprises par le Bénin ont été menées à leur terme.
Selon le ministre Wilfried Léandre Houngbédji, le Gouvernement béninois a multiplié les initiatives en faveur d’une reprise du dialogue et de la réouverture de la frontière. Des échanges diplomatiques ont été engagés, un comité mixte a été mis en place pour examiner les conditions d’une normalisation, et plusieurs gestes d’ouverture ont été posés. Toutefois, ces efforts n’ont pas encore permis d’aboutir à une décision concrète. « À l’heure où je vous parle, je crois que nous avons fait tout ce qu’il y avait à faire », a déclaré Wilfried Léandre Houngbédji, tout en précisant que le Bénin demeure disposé à examiner toute demande supplémentaire formulée par les autorités nigériennes. « S’il reste encore quelque chose d’objectif que nous n’avons pas encore fait et qu’on nous le montre, nous le ferons », a-t-il assuré.
Cette position traduit la volonté de Cotonou de maintenir le dialogue sans alimenter une polémique publique. Le Gouvernement béninois évite de désigner explicitement Niamey comme responsable du blocage, mais laisse entendre que la prochaine étape dépend désormais de la clarification des attentes exprimées par les autorités nigériennes.
De son côté, le Niger continue d’évoquer des préalables à satisfaire avant toute réouverture de la frontière. Le président Abdourahamane Tiani a récemment réaffirmé cette position, laissant subsister des divergences sur les conditions d’une reprise normale des échanges entre les deux pays.
Pour le Gouvernement béninois, cette situation ne remet toutefois pas en cause la nécessité de préserver les relations de voisinage. Wilfried Léandre Houngbédji a rappelé que le Bénin et le Niger sont liés par l’histoire, la géographie et des intérêts économiques communs. Illustrant cette réalité par la métaphore de « la langue et des dents », il a souligné que, malgré les différends, les deux États sont appelés à coexister dans un climat de paix et de coopération.
Au-delà des considérations diplomatiques, la fermeture prolongée de la frontière continue de peser sur les échanges commerciaux et la mobilité des populations. Les opérateurs économiques, transporteurs et commerçants des deux pays demeurent confrontés aux conséquences d’une situation exceptionnelle qui dure depuis trois ans.
En réaffirmant sa disponibilité au dialogue et sa volonté de satisfaire toute exigence objectivement fondée, le Bénin affiche une posture d’ouverture tout en estimant avoir rempli sa part des engagements. La réouverture effective de la frontière dépendra désormais de la capacité des deux parties à lever les derniers obstacles dans le cadre du mécanisme de concertation mis en place.
Romain HESSOU

