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Réouverture des frontières : Le Niger pose ses exigences  

Cotonou a accueilli, samedi 20 juin 2026, une importante séance de travail entre les délégations béninoise et nigérienne dans le cadre des concertations engagées pour la réouverture de la frontière commune et la relance de la coopération bilatérale. Cette rencontre intervient dans le prolongement de la visite d’amitié et de travail effectuée le 2 juin dernier à Niamey par le président de la République du Bénin Romuald Wadagni.

Conduite par le ministre d’État, ministre de l’Intérieur, de la Sécurité publique et de l’Administration du territoire du Niger, le Général de Division Mohamed Toumba, la délégation nigérienne séjourne à Cotonou depuis le 19 juin. Elle comprend notamment les membres du comité national d’experts chargé des négociations relatives à la réouverture de la frontière et aux perspectives de coopération entre le Bénin et le Niger.

À l’ouverture des travaux, le ministre béninois du Tourisme et du Commerce extérieur, chargé de l’Intégration africaine, de l’Industrie et de la Promotion de l’investissement privé, Olushegun Adjadi Bakari, a salué une rencontre qui s’inscrit dans la continuité des décisions prises par les chefs d’État béninois et nigérien à Niamey. « C’est toujours un plaisir d’accueillir les frères chez eux », a-t-il déclaré, soulignant les « avancées notables » déjà enregistrées par les comités techniques des deux pays. Le ministre béninois a réaffirmé l’engagement de son gouvernement à concrétiser les orientations données par les autorités des deux États en faveur du renforcement de la coopération bilatérale.

Du côté nigérien, le Général de Division Mohamed Toumba a insisté sur la portée politique et stratégique de ces concertations. Selon le Général Mohamed Toumba, les décisions prises le 2 juin dernier par les présidents Abdourahamane Tiani et Romuald Wadagni « ont ouvert une nouvelle voie, celle de la réconciliation et du dialogue fraternel ». « Nous ne sommes pas ici pour ressasser le passé, mais pour construire un avenir commun », a affirmé le chef de la délégation nigérienne. Reconnaissant les difficultés traversées ces dernières années, il a appelé à dépasser les incompréhensions afin de faire face ensemble aux défis sécuritaires qui affectent la sous-région.

La question sécuritaire érigée en priorité

Au cœur des discussions figure la lutte contre le terrorisme et l’insécurité transfrontalière, particulièrement dans la zone du complexe W-Arly-Pendjari, confrontée depuis plusieurs années à la menace des groupes armés.

Le ministre nigérien de l’Intérieur a estimé que deux conditions majeures devaient être examinées en priorité, celle de la conclusion d’un accord de défense et d’un accord de sécurité entre les deux pays. Ces mécanismes devraient, selon lui, garantir la non-utilisation du territoire de l’un contre l’autre, renforcer la transparence sur les dispositifs étrangers présents à proximité de la frontière commune et permettre la mise en place d’une cellule bilatérale de fusion du renseignement.

Pour Mohamed Toumba, ces dispositions constituent des préalables essentiels à une coopération durable. « Ils touchent à la survie même de nos États et à la sécurité de nos populations », a-t-il soutenu.

D’autres dossiers sur la table : Au-delà des préoccupations sécuritaires, les discussions portent également sur les questions économiques, la gestion de certains contentieux ainsi que plusieurs sujets administratifs en suspens entre les deux pays. Toutefois, la délégation nigérienne a plaidé pour une approche progressive, privilégiant d’abord le règlement des questions sécuritaires et la réouverture effective de la frontière avant d’aborder les autres dossiers.

Pour les autorités béninoises, cette rencontre marque une étape importante dans la normalisation des relations avec le Niger. Elle traduit la volonté commune affichée par les présidents Romuald Wadagni et Abdourahamane Tiani de rétablir la confiance et de relancer une coopération longtemps considérée comme stratégique pour les populations des deux pays.

Les travaux engagés à Cotonou devraient permettre aux experts béninois et nigériens de définir les modalités concrètes d’une reprise progressive des échanges, avec en ligne de mire la réouverture de la frontière commune et le renforcement de la coopération sécuritaire, économique et institutionnelle entre les deux États.

Romain HESSOU

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