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Transformation numérique : L’Université d’Abomey-Calavi se dote d’une stratégie pour gouverner l’IA

L’Université d’Abomey-Calavi (UAC) a officiellement lancé, le jeudi 16 juillet 2026, sa Stratégie d’Intelligence Artificielle (SIAUAC), accompagnée d’un Cadre éthique et d’une Charte d’utilisation responsable. À travers ces trois documents fondateurs, l’institution entend faire de l’intelligence artificielle un levier de transformation académique, scientifique et administrative, tout en garantissant une gouvernance responsable, souveraine et inclusive.

L’Université d’Abomey-Calavi franchit un cap décisif dans sa transformation numérique. Réunis le jeudi 16 juillet 2026 à l’amphithéâtre Idriss Déby Itno, autorités universitaires, partenaires institutionnels, enseignants, étudiants et chercheurs ont assisté au lancement officiel de la Stratégie d’Intelligence Artificielle de l’UAC (SIAUAC), du Cadre éthique et de la Charte d’utilisation responsable de l’IA. Une initiative qui traduit la volonté de l’institution d’encadrer l’essor de cette technologie afin qu’elle serve durablement l’excellence académique et le développement du pays.

À l’horizon 2030, l’UAC ambitionne de devenir un pôle africain de référence en intelligence artificielle responsable, souveraine et inclusive. Pour y parvenir, la stratégie s’articule autour de huit axes de mise en œuvre, notamment la formation, la recherche et l’innovation, les applications locales de l’IA, les infrastructures technologiques, les partenariats, la gouvernance éthique, la durabilité ainsi que l’employabilité.

Trois documents complémentaires pour une même ambition

Présentant la démarche, le vice-recteur chargé des Affaires académiques, Professeur Tahirou Djara, a expliqué que ces documents sont le fruit d’un travail engagé depuis 2025 à la suite d’un diagnostic, de larges consultations et d’une analyse des expériences internationales. Pour lui, l’UAC ne pouvait rester spectatrice face aux mutations imposées par l’intelligence artificielle. « Ce matin, l’UAC dit clairement où elle se situe face à l’intelligence artificielle, non pas dans l’attentisme, non pas dans le rejet, mais dans l’engagement. Un engagement responsable, structuré, éthique et souverain », a-t-il déclaré.

Le professeur Tahirou Djara a précisé que les trois documents répondent chacun à une fonction spécifique : la stratégie fixe la vision institutionnelle à l’horizon 2030, le cadre éthique définit les principes et mécanismes de gouvernance, et la charte encadre les usages quotidiens des enseignants, étudiants et personnels administratifs.

Une IA au service de l’humain et de l’excellence

Le recteur de l’UAC, Professeur Charlemagne Babatoundé Igué, a rappelé que l’intelligence artificielle est déjà présente dans les universités et qu’il appartient désormais aux établissements d’en assurer la gouvernance. « Nous disons que c’est l’UAC qui gouverne l’IA chez elle et non l’inverse. L’UAC ne subit pas l’intelligence artificielle, elle choisit de la gouverner, de l’encadrer et de la mettre au service de ses missions », a-t-il affirmé. Selon lui, la vision portée par l’université repose sur trois exigences majeures : une IA responsable, respectueuse de l’éthique et de la dignité humaine ; une IA souveraine, fondée sur des compétences, des données et des infrastructures adaptées aux réalités nationales ; et une IA inclusive, accessible à l’ensemble de la communauté universitaire.

Le recteur a également insisté sur la nécessité de préserver l’intégrité académique. L’intelligence artificielle, a-t-il souligné, ne doit jamais remplacer la réflexion, la créativité ou le génie des étudiants, mais plutôt renforcer leurs capacités.

Un choix en cohérence avec la vision nationale

Représentant la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, le directeur de l’EPAC, Dr Victorien Tamègnon Dougnon, a salué une initiative en parfaite adéquation avec la Stratégie nationale d’intelligence artificielle et des mégadonnées du Bénin. Selon lui, le pays a fait le choix de conduire cette révolution technologique plutôt que de la subir. « L’intelligence artificielle n’est plus une promesse lointaine ni un luxe réservé aux nations les plus riches. Face à cette transformation, deux attitudes sont possibles : la subir ou la conduire. Et le Bénin a fait son choix. Nous avons décidé de la conduire », a-t-il déclaré.

La cérémonie a été marquée par la signature officielle des trois documents fondateurs par le recteur et les vice-recteurs, suivie de leur remise symbolique aux responsables des différentes unités de formation et de recherche de l’université. À travers cette étape, l’UAC entend inscrire durablement l’intelligence artificielle au cœur de son développement tout en faisant de l’éthique, de la souveraineté et de l’inclusion les piliers de sa gouvernance numérique.

Augustin HESSOU

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