Dans une interview accordée au media Jeune Afrique le mercredi 8 juillet 2026 aux États-Unis, l’ancien ministre brise le silence. Il affirme avoir l’intention de rentrer dès que possible au pays et invite le nouveau président Romuald Wadagni à œuvrer à la décrispation du climat politique au Bénin.

A l’exception de quelques messages de soutiens, souvent rédigés à l’occasion d’un anniversaire, d’une fête religieuse ou d’une fête nationale, Komi Koutché s’est astreint à un silence médiatique quasi total depuis les législatives de 2023, lors desquelles il avait apporté un timide soutien au parti Les Démocrates, alors dirigé par l’ancien président Thomas Boni Yayi. Dans son interview accordée à Jeune Afrique, l’ancien ministre béninois des Finances appelle le président Romuald Wadagni à décrisper le climat politique et à renouer avec le dialogue. Depuis son exil aux États-Unis, où il vit, l’opposant revient sur sa situation personnelle, mais surtout sur les défis politiques auxquels le Bénin est confronté depuis l’alternance au sommet de l’État.
Pour Komi Koutché, le président Romuald Wadagni a aujourd’hui l’opportunité d’ouvrir une nouvelle séquence marquée par le dialogue, l’apaisement et le rapprochement entre les différentes sensibilités politiques du pays. S’il réaffirme son souhait de rentrer au Bénin, Komi Koutché insiste sur le fait que son cas personnel ne constitue pas l’essentiel de son combat. Il estime que les questions liées aux exilés, aux détenus et, plus largement, à la réconciliation nationale méritent une réponse politique afin de renforcer la cohésion du pays. L’ancien ministre reconnaît que les tensions ayant marqué la vie politique béninoise ne peuvent être imputées à un seul camp. Selon lui, la rupture du dialogue entre les acteurs politiques a progressivement favorisé les divisions et les incompréhensions.
Komi Koutché plaide pour une reprise des échanges afin de restaurer la confiance. Abordant la gouvernance économique, Komi Koutché salue certaines réalisations enregistrées au cours de la dernière décennie de l’ancien président Patrice Talon, notamment en matière d’infrastructures, de modernisation de l’administration et de numérisation des services publics. Il invite toutefois les autorités à veiller à ce que les performances économiques se traduisent davantage par une amélioration des conditions de vie des populations, soulignant que la croissance doit produire des effets plus perceptibles sur la réduction de la précarité. Par cette prise de parole, l’ancien argentier de l’État remet au premier plan le débat sur la réconciliation nationale.

