
Le nouveau ministre de l’économie et des finances nommé par Romuald Wadagni dans son premier gouvernement a pour nom Aristide Médenou, ancien directeur général de l’Économie. Un ministre central auquel sont rattachés trois ministres délégués pour assumer des responsabilités non moins importantes. Il s’agit de Nicolas Yénoussi, précédemment ex directeur général des impôts, désormais en charge des finances et de la microfinance ; Rodrigue Chaou au budget et à la fonction publique et Hugues-Oscar Lokossou à la mobilisation des ressources extérieures et à la Gestion de la dette. D’aucuns rapportent que cette architecture est une doctrine de gouvernance économique que Wadagni a appliquée pendant dix ans comme argentier national de Patrice Talon, et qu’il reconduit désormais depuis la présidence de la République.
Aristide Médenou , le ministre central des finances et de l’économie avait déclaré, quelques jours avant la présidentielle d’avril 2026, que « la croissance n’a de sens que si elle est inclusive », reprenant mot pour mot le discours de campagne de son ancien ministre. Nommer à la tête du ministère de l’Économie le directeur général qui en était la cheville ouvrière depuis plusieurs années, c’est garantir une continuité opérationnelle totale sur le dossier le plus sensible du mandat tel que la relation avec le FMI, la trajectoire de la dette publique et les réformes structurelles en cours.
Pour d’autres observateurs, ce choix envoie un message aux marchés financiers. Le Bénin a réalisé en 2026 sa première émission sukuk souveraine, consacrant sa position de premier émetteur souverain africain sur ce segment. Il occupait depuis 2023 la première place en Afrique dans l’indice mondial de transparence des dépenses fiscales publié par le Conseil sur les politiques économiques et l’Institut allemand pour le développement. Dans ce contexte, rompre avec les équipes en place au ministère des Finances aurait été perçu comme un signal négatif par les agences de notation et les partenaires de développement. Médenou est la garantie que la partition ne change pas, même si le chef d’orchestre a changé de podium.
Christian TCHANOU

