
Le Bénin franchit une nouvelle étape dans la lutte contre le paludisme avec l’introduction de technologies innovantes destinées à renforcer la prévention de cette maladie. Le ministre de la Santé, Professeur Benjamin Hounkpatin, a procédé, mardi 30 juin 2026 à Cotonou, au lancement du projet « Action intégrée pour la prévention du paludisme : partenariat public-privé et engagement local des jeunes au Bénin ».
La cérémonie s’est déroulée en présence de l’ambassadeur du Japon près le Bénin, S.E.M. Uezono Hideki, et de la Représentante adjointe de l’UNICEF au Bénin, Aude Rigot.
Financé par le gouvernement japonais à hauteur de 2,3 millions de dollars, le projet introduit des outils technologiques tels que la cartographie géospatiale, les drones et l’intelligence artificielle afin de mieux localiser les zones à risque, d’améliorer la surveillance environnementale et de renforcer la lutte contre les gîtes larvaires des moustiques.
La phase pilote sera mise en œuvre dans six communes : Copargo, Djougou, Tchaourou, Ouidah, Abomey-Calavi et Cotonou. Elle associera plusieurs interventions complémentaires, notamment le contrôle des vecteurs, la vaccination ainsi que la participation active des jeunes et des communautés locales.
Des interventions ciblées grâce aux drones
Selon le ministre de la Santé, cette initiative vient consolider les stratégies nationales de prévention du paludisme à travers une approche intégrée de lutte antivectorielle. Les drones seront utilisés pour pulvériser un larvicide homologué par l’Organisation mondiale de la Santé dans les zones identifiées comme des gîtes larvaires, y compris celles difficilement accessibles.
« Cette stratégie permet de réduire durablement la densité des moustiques. Le larvicide utilisé dans cette campagne est homologué par l’Organisation mondiale de la Santé et sera appliqué conformément aux normes de sécurité recommandées. Grâce à l’utilisation des drones, il est désormais possible d’intervenir avec davantage de précision, de rapidité et d’efficacité, même dans les zones difficilement accessibles », a expliqué le Professeur Benjamin Hounkpatin.
La Représentante adjointe de l’UNICEF au Bénin, Aude Rigot, a salué une initiative qui combine innovation technologique et mobilisation communautaire. Elle a souligné le rôle déterminant que joueront les jeunes, les relais communautaires et les leaders locaux dans les actions de sensibilisation, le suivi des interventions et la promotion des mesures de prévention.
Pour sa part, l’ambassadeur du Japon près le Bénin a indiqué que ce projet s’inscrit dans la vision nationale « Bénin 2060 Alafia, un monde de splendeurs ». Il a également rappelé qu’il répond aux engagements pris lors de la TICAD9 en faveur du renforcement des systèmes de santé africains, notamment dans les domaines de la prévention, de la préparation et de la réponse aux menaces sanitaires.
De par cette initiative, les autorités béninoises et leurs partenaires entendent renforcer durablement les moyens de prévention du paludisme en combinant innovation technologique, expertise scientifique et implication des communautés dans les zones les plus exposées.
Romain HESSOU

