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Procès Dangnivo : Les débats s’enveniment sur l’acte de décès de la victime

L’audience du procès relatif à la disparition de Pierre Urbain Dangnivo a été marquée, mercredi 8 juillet, par de vives tensions entre le ministère public et les avocats des parties civiles. Au cœur des débats, l’existence de deux actes de déclaration de décès portant des déclarants différents.

L’incident est né d’une requête de Me Olga Anassidé, avocate de la famille Dangnivo, qui a demandé à la Cour de confirmer si l’acte de déclaration de décès de Pierre Urbain Dangnivo figurait bien au dossier et avait été versé aux débats.

Après une suspension d’audience, le ministère public a remis des copies du document aux différents avocats. À leur examen, Me Olga Anassidé a relevé l’existence de deux actes distincts : l’un établi le 10 mars 2025, avec Anne Cakpo comme déclarante, et l’autre daté du 8 septembre 2025, établi sur déclaration du ministère public.

Cette différence a immédiatement suscité de vives réactions. Prenant la parole, Me Théodore Zinflou a dénoncé une situation qu’il juge préoccupante. « Deux actes, deux déclarants : il y a un faussaire quelque part. Il faut le retrouver », a-t-il exigé.

Le procureur de la République près le Tribunal de première instance de Cotonou, Olushègun Tidjani Serpos, représentant le ministère public, a rejeté toute idée de manipulation. Visiblement ému, il a rappelé la complexité du dossier. « Je suis peiné parce que la famille souffre. Nous avons hérité d’un dossier difficile. Je n’ai pas prêté serment pour faire des entourloupes. Nous n’avons pas enlevé Dangnivo. Nous n’avons pas tué Dangnivo », a-t-il affirmé, avant d’inviter les différentes parties à ne pas se laisser distraire.

La réplique n’a pas tardé. « Alors où est Dangnivo ? », a lancé Me Olga Anassidé, estimant que les avocats n’avaient pas de leçons à recevoir alors que leurs clients continuent d’attendre toute la vérité sur cette affaire.

Abondant dans le même sens, Me Togbadja a rappelé la portée historique du dossier. « Un procès, c’est une bataille. Ce dossier est une partie de l’histoire du Bénin. Nous n’acceptons pas qu’il y ait du brouillard », a-t-il déclaré. De son côté, Me Théodore Zinflou a qualifié la situation de « mauvaise pièce de théâtre ».

Face à la tension, le président de la Cour a tenté d’apporter des éclaircissements sur l’origine possible de cette divergence documentaire. Le ministère public a soutenu que les deux actes produisent les mêmes effets juridiques et que seule l’identité du déclarant diffère.

À l’issue des échanges, la Cour a renvoyé le dossier au 15 juillet 2026, date prévue pour les réquisitions du ministère public et les plaidoiries des différentes parties.

Romain HESSOU

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