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Veille Tabaski : À Togba, les moutons du Niger attirent, leurs prix repoussent

 Le sacrifice du mouton, rituel exigé à  la Tabaski chez les musulmans devient  parfois un casse-tête.  Le mardi  26 mai dernier, veille de la fête, une ambiance bien particulière à la  grande place de vente de moutons   à  Togba, un arrondissement d’Abomey –Calavi. Les moutons du Niger attirent du monde pour leur corpulence, mais les prix poussent  des clients à faire aussitôt  des pas en arrière.       

Mardi 26 mai 2026. Veille de la célébration de la Tabaski, édition 2026.  Il est 13 h environ ici à Somè, une localité de Togba, commune d’Abomey-Calavi.  Forte affluence sur la  grande place de vente de moutons, béliers et cabris de toutes sortes.   Sur un sol rougeâtre, se dresse  un enclos  fait de feuilles de  tôles    usagées et de toits de pailles pour la plupart, maintenues en hauteur par des  piquets de bois.  Les bêlements assourdissants des bêtes se mélangent aux échanges tumultueux des vendeurs et acheteurs dans des langues variées : Haoussa, Dendi, peulh…Une véritable ambiance pastorale.   Des cabris aux pelages multicolores (blanc, noir, marron, brun) sont attachés et rangés en file ordonnée. Regroupés en un autre lieu, les moutons sont les plus nombreux. Des herbes fraiches éparpillées autour d’eux, renforcent l’ambiance campagnarde.  Un peulh, habillé en boubou blanc,  le cou enroué d’un  turban,  un  long bâton sur son épaule,  a le  regard concentré sur ses cabris apportés sur les lieux pour la vente.  Plusieurs premiers acheteurs musulmans  sont déjà là, pas trop pressés, parcourant tous les compartiments de l’enclos, à la recherche du  mouton bien portant et  à bon prix.  Chacun veut opérer le meilleur choix pour la fête de Tabaski. Les vendeurs, de leur côté, multiplient les allées et retours tout en répondant aux besoins de la clientèle. « Nous nous précipitons vers le client pour connaitre ses préférences », confie le peulh Poulo Sanni Sayi. L’offre, quant à elle, n’est pas moindre. « Nous avons plus de 100 moutons et cabris qui sont en bonne santé et qui ont de la chair. Ils viennent tous du Nord, de « Petit Paris » situé dans la commune de Gogounou »  affirme Adam, le patron des lieux. La majorité des clients, après observation minutieuse des moutons finissent par porter leur choix sur ceux du Niger mais s’exclament sur le prix donné par les vendeurs. « Les moutons du Niger en vente sur cette place  sont géants et ont de la chair. Mais quand nous leur donnons le prix, ils s’enflamment » fait constater Adam. Entre effervescence commerciale et négociations, les acheteurs  s’accordent  péniblement  avec les vendeurs autour des prix. « Ils ont de bons moutons mais le prix décourage parfois. Toutefois, ils restent accessibles et compréhensibles » observe  un    Juste Bonou, l’un des clients rencontrés surplace. « Comme c’est la veille de la fête de Tabaski, les prix augmentent. Nous cherchons aussi notre bénéfice. Nous vendons des cabris de 6 mois environs à partir de 40000 FCFA, les moyens à partir de 70000 CFA. Concernant les moutons du Niger, le prix est en fonction de la taille et de la corpulence. Le prix moyen est de 150000 FCFA. Nous avons ici des  moutons  dont le prix avoisine 250000 FCFA »  informe un autre vendeur.  Il  évoque des difficultés et les problèmes logistiques rencontrés lors du transport des moutons  depuis des régions lointaines et qui sont des causes de la flambée des prix. « Plusieurs moutons meurent lors du trajet Gogounou-Cotonou, ce qui est une énorme perte pour nous. Il y a aussi des pannes de camions qui surviennent. Le voyage n’est pas totalement fluide, certaines routes sont dégradées et cela prolonge la durée » se plaint-il.  

Une recommandation et non une obligation   

« Ce n’est pas l’achat des moutons et des bœufs qui est sacré, c’est plutôt ce qu’on veut faire avec ces bêtes qui est sacré » précise  Imorou Mama Ali, Imam de la mosquée de Somè. Selon lui,  cette pratique musulmane n’est pas une obligation mais une recommandation islamique. « Ce n’est pas une obligation pour celui qui n’a pas les moyens de s’acheter un mouton. Le prophète Mohammed, de son vivant immolait à chaque fois deux béliers : un en son nom et l’autre pour toute la communauté musulmane », précise l’Imam. « Si tu as les moyens de te procurer un mouton, il faut que ta foi te conduise à aller l’acheter et le donner en offrande tel que Abraham l’a fait », ajoute-t-il. Il met également un accent particulier sur la foi que revêt cet acte musulman. « Ce n’est ni la viande, ni le sang qui sont prioritaires dans cette pratique, c’est plutôt la foi que nous recherchons », insiste-t-il. « Le mouton, le bœuf ; le chameau ; et le cabri sont les quatre viandes utilises par les musulmans » souligne aussi l’imam.  Fachinan Akani Taoficnn, un fidèle musulman va dans le même sens.    Il confirme que « le sacrifice de mouton est un acte de foi, de solidarité et de partage ». Il rappelle que cette pratique n’est pas une invention de la religion islamique. Cette pratique l remonte à l’histoire d’Abraham qui a fait preuve d’une grande foi en voulant sacrifier son fils Ismaël. « Que ce soit les hommes ; les femmes ; les enfants ; tout le monde a un rôle à jouer. C’est d’abord une fête de famille » indique pour sa part,  Rayne Wagana, un autre fidèle musulman. « C’est une fête d’obéissance à Dieu ; Abraham a tout accepté même le plus dur ; c’est pour cela qu’on sacrifie à cette tradition », affirme-t-il.

Réalisation : Monlandjo Pacôme, Dovonou Jennifer, Hounkpevi Mathéo, Agbotofio Kyria, Avodagbe Nina (Stagiaires)

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